Journée mondiale pour un tourisme durable: 1er juin 2011

Depuis le début de ce blogue, c’est la première fois que j’aborde le thème du tourisme durable. Pourtant, il est le fondement du INZU Lodge. Ce projet d’écolodge au Rwanda me tient à cœur, car je crois que les Rwandais seront les premiers à en profiter. Le moment est propice pour aborder ce sujet puisqu’aujourd’hui a lieu la 5e édition de la Journée mondiale pour un tourisme durable. Généralement célébrée le 2 juin, elle a été reportée le 1er, puisqu’en France le 2 sera férié.

Mais qu’est-ce que le tourisme durable ? Pour la Coalition Internationale pour un Tourisme Responsable, le « Tourisme Responsable se définit comme l’application du concept de Développement Durable auprès du secteur du Tourisme. Ainsi, le Tourisme Responsable désigne toute forme de développement, d’aménagement ou d’activité touristique qui respecte et préserve à long terme les ressources naturelles, culturelles et sociales et contribue de manière positive et équitable au développement et à l’épanouissement des individus qui vivent, travaillent et séjournent dans ces espaces. » Bref, la notion de tourisme durable reprend les trois concepts piliers du développement durable, à savoir les aspects environnementaux, sociaux et économiques de la vie en société, adaptés à ce secteur particulier.

Depuis les dix dernières années, ce nouveau type de tourisme a pris de plus en plus d’ampleur. Bien qu’il existe plusieurs termes pour définir celui-ci, tous concilient plaisir et respect de la planète et des hommes : tourisme durable, tourisme responsable, tourisme équitable, tourisme solidaire, écotourisme ou écovolontariat.

Le terme de développement durable est apparu en 1980, mais la réflexion sur les impacts du développement et de la croissance économique était déjà engagée depuis une décennie, notamment avec la publication en 1972 du Rapport Meadows (« Halte à la croissance ») du Club de Rome. Le concept de développement durable a mis toutefois du temps à être accepté. Une nouvelle définition est donnée en 1987 dans le Rapport Brundtland. En 1992, le sommet de la Terre à Rio de Janeiro permet enfin au grand public de découvrir le concept.

Le terme de tourisme durable apparaît pour la première fois en 1993 dans un guide publié par l’Organisation Mondiale du Tourisme (OMT) et le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) : Guide à l’intention des autorités locales – développement durable du tourisme. L’ouvrage présente les concepts et les techniques de la planification et du développement du tourisme ainsi que la gestion de son impact sur l’environnement et de ses effets socioéconomiques au niveau local. Il indique que « l’environnement est la base des ressources naturelles et culturelles qui attirent les touristes. Par conséquent, la protection de l’environnement est essentielle pour un succès à long terme du tourisme. »

En 1995, l’OMT se réunit à Lanzarote (îles Canaries) avec l’Unesco, le PNUE et la Commission européenne. À l’issue de cette rencontre, une Charte du tourisme durable est publiée et donne une première définition précise de ce concept. Elle rappelle que « le tourisme, de par son caractère ambivalent, puisqu’il peut contribuer de manière positive au développement socio-économique et culturel, mais aussi à la détérioration de l’environnement et à la perte de l’identité locale, doit être abordé dans une perspective globale. » Selon l’OMT, le tourisme « doit être supportable à long terme sur le plan écologique, viable sur le plan économique et équitable sur le plan éthique et social pour les populations locales. »

En 1999, l’OMT publie un nouveau document : le Code mondial d’éthique du tourisme (CMET). Il s’inspire largement de la Charte mondiale de 1995 et énonce en 10 articles les règles que doivent respecter aussi bien les gouvernements que les acteurs du tourisme (voyagistes, transporteurs, structures d’hébergement…). Il s’attache surtout à ce que les activités touristiques profitent au maximum aux pays d’accueil et à ce que les impacts néfastes sur l’environnement et les populations soient minimisés.

L’OMT réactualise en 2004 la définition du tourisme durable :

« Les principes directeurs du développement durable et les pratiques de gestion durable du tourisme sont applicables à toutes les formes de tourisme dans tous les types de destination, y compris au tourisme de masse et aux divers créneaux touristiques. Les principes de durabilité concernent les aspects environnemental, économique et socioculturel du développement du tourisme. Pour garantir sur le long terme la durabilité de ce dernier, il faut parvenir au bon équilibre entre ces trois aspects.

Par conséquent, le tourisme durable doit :

1. exploiter de façon optimum les ressources de l’environnement qui constituent un élément clé de la mise en valeur touristique, en préservant les processus écologiques essentiels et en aidant à sauvegarder les ressources naturelles et la biodiversité;

2. respecter l’authenticité socioculturelle des communautés d’accueil, conserver leurs atouts culturels bâti et vivant et leurs valeurs traditionnelles et contribuer à l’entente et à la tolérance interculturelles;

3. assurer une activité économique viable sur le long terme offrant à toutes les parties prenantes des avantages socioéconomiques équitablement répartis, notamment des emplois stables, des possibilités de bénéfices et des services sociaux pour les communautés d’accueil, et contribuant ainsi à la réduction de la pauvreté. »

En 2007, une coalition de 27 organisations – le partenariat mondial pour les critères du tourisme durable – s’est réunie pour élaborer Les Critères Mondiaux du Tourisme Durable. Ils sont organisés autour de quatre thèmes principaux : la planification durable efficace, la maximisation des avantages économiques et sociaux pour la communauté locale; la valorisation du patrimoine culturel et la réduction des impacts négatifs pour l’environnement. Bien que les critères soient d’abord destinés à l’usage du secteur de l’hébergement et des tours opérateurs, ils sont applicables à l’ensemble de l’industrie du tourisme.

Pour le voyageur, le tourisme durable signifie partir en vacances en évitant les grandes chaînes hôtelières et en allant au plus proche des populations afin d’apporter un soutien financier direct à ces dernières. Mais il ne faut pas confondre cette forme de tourisme avec le tourisme humanitaire, car il ne s’agit pas d’apporter une réponse à des situations d’urgences, de famines, ou de catastrophes naturelles.

Les écolodges offrent donc aux touristes une alternative d’hébergement à ceux qui désirent participer au tourisme durable. Un écolodge est une infrastructure d’accueil de 5 à 75 chambres, financièrement viable, construite dans un souci d’harmonie avec la nature et dont l’impact sur l’environnement est par conséquent minime. Il contribue à protéger les espaces environnants fragiles, implique les communautés locales et leur permet de générer des bénéfices. Il offre aux touristes l’opportunité d’une expérience interprétative et interactive, et s’avère propice à une communion spirituelle entre nature et culture. L’écolodge est pensé, conçu, construit et exploité en accord avec des principes environnementaux et sociaux responsables.

Dans le tourisme solidaire, une partie des bénéfices ou une participation financière par voyageur est reversée pour le développement de projets utiles à toute la communauté visitée. Il s’agit donc de créer un lien de solidarité entre les voyageurs et les populations locales, en contribuant à l’amélioration des conditions de vie. Dans cette optique, pour chaque touriste résidant au INZU Lodge ou fréquentant son restaurant, un pourcentage des profits sera retourné à la communauté.

Cette année, le thème de la Journée mondiale du tourisme durable est : « Tourisme durable : quelles garanties ? ». Cette Journée a pour but de faire le point sur les différentes certifications et labels dans le secteur touristique. Puisque le nombre d’entre eux augmente régulièrement, les professionnels du tourisme ne savent plus vers qui se tourner pour obtenir une certification.

La Journée mondiale pour un Tourisme Responsable 2011 permettra donc de répondre aux grandes questions suivantes :

  • Quels sont les différences, les intérêts, les critères et les interactions des différents labels et certifications dans le tourisme durable?
  • Quels sont les expériences, les pratiques, les initiatives, les réalités de terrain et les besoins des différents pays et territoires pour favoriser un tourisme responsable?
  • Le label est-il la seule garantie pour un tourisme responsable?
  • Une accréditation générale du secteur du tourisme est-elle nécessaire?
  • Quelles sont les alternatives à la certification?

Le pays à l’honneur cette année est l’Afrique du Sud. Il sera au cœur d’un débat en lien avec la thématique. L’Afrique du Sud a été choisie notamment pour ses engagements autour du label FTTSA (Fair Trade Tourism in South Africa).

Finalement, pour tous les touristes qui désirent s’engager dans le tourisme durable, une charte éthique du voyageur a été créée en 1996, par le voyagiste Atalante. Depuis 2006, cette charte est diffusée par tous les membres de l’association ATR (Agir pour un tourisme responsable). Cette association réunit les voyagistes impliqués dans le tourisme responsable. Voici une version abrégée de cette charte :

La charte éthique du voyageur

Le respect est le gage d’une meilleure rencontre. Pour voyager responsable en respectant la charte éthique, il faut tout d’abord respecter et comprendre les règles et traditions du lieu où l’on se trouve et ne pas les juger.

  1. Vivez au rythme du lieu où vous êtes
  2. Discutez et demandez avant de prendre des photos
  3. Évitez les tenues provocantes
  4. Faites toutes les vaccinations nécessaires avant votre départ

L’argent, les biens, la nourriture n’ont pas partout la même valeur. La différence de niveau de vie entre les voyageurs et les populations locales peut être la source de problèmes. Il faut prendre la mesure du cadeau offert ou reçu en valeur locale.

  1. Réfléchissez avant de faire un don
  2. Ne donnez pas de médicaments
  3. Utilisez au maximum l’économie locale (hôtel, transport, guide, cuisinier…)

Seule reste l’empreinte de nos pas. Chaque touriste a une responsabilité vis-à-vis de son lieu de destination, il est donc important pour chacun de minimiser son empreinte sur cet environnement.

  1. Ne laissez pas de déchets derrière vous
  2. Ne sortez pas des sentiers, ne conduisez pas hors piste
  3. Observez… de loin
  4. Ne nourrissez pas les animaux, ne les touchez pas
  5. Ne polluez pas l’eau (qui peut être une ressource très rare dans certains endroits)

Le patrimoine culturel inscrit l’histoire des générations futures. Le patrimoine culturel est un bien inestimable pour chaque pays du monde. Le défi n’est pas seulement de le préserver pour nous, mais aussi pour les générations futures.

  1. Ne dégradez pas les œuvres d’art, sites et monuments
  2. Ne déplacez pas les pierres et les objets
  3. N’achetez pas ces objets comme « souvenirs »

Souhaitons que le tourisme durable ne soit pas seulement une tendance et que ce secteur se responsabilise afin de trouver un juste équilibre entre les trois piliers évoqués (environnemental, économique et socioculturel). Les pays d’accueil bénéficieront des retombées économiques grâce à la création d’emplois pour les populations locales. La valorisation des patrimoines locaux, des traditions et des cultures, ainsi que la préservation de la biodiversité et le respect de l’environnement, permettront aussi de proposer des produits et services de qualité pour les touristes.

Des chiffres importants sur le tourisme :

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