Six mois au pays des mille collines: Bilan du INZU Lodge

Le 3 juin 2010, j’atterrissais pour la première fois au Rwanda avec mon groupe Québec sans frontières. J’ai passé 10 semaines merveilleuses avec le groupe dans le cadre d’un projet de coopération internationale, et à découvrir le Rwanda. Ce stage a changé ma vie! Qui aurait cru que l’année suivante, soit le 3 juin 2011, j’irais accueillir à l’aéroport international de Kigali le nouveau groupe de stagiaires Québec sans frontières. À travers leurs regards, leurs questions et leur soif de découvrir ce nouveau pays qui se dévoilait devant eux, je me suis revue une année plus tôt. L’expérience qu’ils vivront dans les prochaines semaines sera assurément extraordinaire et enrichissante à plusieurs niveaux.

Dans l’article « Vacances, voyages, stage de coopération, expatriée et drogue! »,  j’expliquais comment les voyages ou un stage de coopération internationale peuvent être confrontants, car nos valeurs, notre façon de vivre, notre mode de pensée sont constamment remis en question. Maintenant que je suis moi-même une expatriée, je suis confrontée régulièrement à ce qu’on appelle le choc culturel.

Le choc culturel « c’est le conflit mental, émotionnel et social qui surgit chez un individu lorsqu’il entre en contact avec d’autres manières de vivre, d’autres façons de s’organiser, d’autres pratiques, d’autres mœurs, d’autres valeurs et d’autres croyances que les siennes. »

L’arrivée du groupe de stagiaires m’a fait réaliser que, depuis les six derniers mois, j’ai souvent ressenti ce choc culturel (ou fatigue culturelle) sans vraiment m’en apercevoir. Dans mon cas, cet état d’esprit est bref et survient sans préavis. Un geste (doigts dans le nez), un mot (muzungu), une intonation peuvent me faire sourire une journée et le lendemain m’agresser au plus haut point. Si je n’y fais pas attention, ces petits incidents  deviennent, à la longue, harassants et peuvent même me faire « sauter un plomb »! J’ai donc décidé, dans ce bilan du sixième mois, d’être encore plus conciliante avec moi-même (et avec les « autres »). Le niveau d’adaptation d’un individu n’est pas inné, il se développe. C’est donc à moi de continuer à me familiariser graduellement avec les manières et les mentalités rwandaises, à garder l’esprit ouvert, à développer davantage mon sens de l’humour et surtout à éviter de porter des jugements hâtifs (un doigt dans le nez, ça économise les papiers mouchoirs!!!).

Un petit miracle est survenu à la mi-juin! Depuis des lustres, j’attendais avec impatience mon certificat de la police canadienne qui avait quitté le Canada le 17 mai. Au début du mois de juin, les services de la poste rwandaise ont déménagé. Aussi, la distribution du courrier était au ralenti. Un beau matin, exaspérée, j’ai décidé d’aller à la poste afin de savoir si par « hasard » ma lettre ne serait pas arrivée, même si, sur le site web de Postes Canada, rien n’indiquait qu’elle l’était. J’ai donné mon numéro de suivi à une employée qui a aussitôt entamé une fouille archéologique (je n’exagère pas!) de son bureau enseveli sous plusieurs centaines de lettres (j’ai des témoins si vous doutez!). Après quelques  minutes qui m’ont semblé interminables, une enveloppe est restée dans les mains de la dame qui m’a dit : « C’est bien au nom de Marie-Noëlle ? » AMEN !!! Trois jours plus tard, j’avais un nouveau visa d’une année dans mon passeport! FIN DE LA SAGA VISA !

Le 15 juin 2011 a eu lieu un phénomène intéressant : une éclipse lunaire totale. Celle-ci était visible seulement en Afrique, en Asie centrale, en Amérique du Sud et en Europe. Dans l’ouest de l’Asie, en Australie et aux Philippines, l’éclipse était visible juste avant le lever du soleil. Au Rwanda, la visibilité était excellente pour observer l’éclipse. Une éclipse lunaire survient lorsque la lune est pleine et qu’elle est parfaitement alignée dans l’axe de la terre et du soleil. La lune se trouve ainsi derrière la terre, dans son ombre. C’est toujours impressionnant de voir de tels phénomènes de la nature.

Un nouveau locataire « poilu » habite maintenant avec nous ! Il s’appelle Bubble…

Le mois de juin est probablement le mois le moins productif pour le INZU Lodge. J’ai reçu mon attestation de célibat du Directeur de l’état civil du Québec, afin de terminer la demande pour obtenir la fiche cadastrale du terrain. En même temps, j’ai amorcé les procédures pour qu’on m’octroie l’autorisation de bâtir. Mais, étant donné que le INZU Lodge comporte des bâtiments construits avec des matériaux naturels et que le Rwanda est en pleine campagne de lutte contre les maisons de paille (Bye bye Nyakatsi), le district a demandé une lettre du Rwanda Development Board qui confirme que, dans le cadre du tourisme, le projet peut aller de l’avant. J’attends toujours cette lettre. Aussi, les démarches pour obtenir la fiche cadastrale et l’autorisation de bâtir sont sur la glace (même si je n’ai jamais vu de glace au Rwanda!).

C’est donc un petit bilan du INZU Lodge pour ce sixième mois au pays des mille collines. Espérons que juillet sera plus productif et que la fatigue culturelle se fera moins ressentir.

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3 réflexions sur “Six mois au pays des mille collines: Bilan du INZU Lodge

  1. Que de chemin parcouru en effet! La destination n’est pas le but ultime du voyage, ce sont les surprises du trajet qui laissent le plus de souvenirs mémorables… alors bonne continuation dans ce périple et on attend les nouvelles d’Inzu et MNDV avec plaisir et impatience

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